L’orgue de l’ancienne cathédrale de Forcalquier, petite commune des Alpes de Hautes Provence, compte 7284 tuyaux. Chaque tuyau est unique, et peut ne pas être accordé à son voisin. Quand il produit un son, on dit qu’un tuyau parle. Pour parler, il utilise sa bouche ou sa hanche. Quand deux notes se disent similaires, mais qu’elles sont légèrement désaccordées, on entend comme une ondulation, qui se répand à travers nos oreilles.
Il n’y a pas d’exactitude, il n’y a pas de modèle linéaire. On ne peut pas connaître à la fois la vitesse d’une particule et sa position. On est toujours hors de l’équilibre. Les choses ne déterminent que leur propre présent. Comme un fleuve que l’on regarde, il n’y a ni passé, ni avenir:
« Et une autre fois que le fleuve, gonflé par l’eau des pluies, faisait entendre son puissant rugissement, Siddharta lui dit: ’n’est-ce pas, mon ami, que le fleuve a beaucoup, beaucoup de voix ? N’a-t-il pas la voix d’un souverain et celle d’un guerrier, celle d’un taureau et celle d’un oiseau de nuit, celle d’une femme en couche et celle d’un être qui soupire, et mille autres voix encore ?’ »
*On ne trouve pas l’harmonie, on cherche à l’atteindre. C’est moins la vérité que la sincérité. Le concept d’harmonie est un ami, il nous pousse à marcher.

L’orgue de l’ancienne cathédrale de Forcalquier, petite commune des Alpes de Hautes Provence, compte 7284 tuyaux. Chaque tuyau est unique, et peut ne pas être accordé à son voisin. Quand il produit un son, on dit qu’un tuyau parle. Pour parler, il utilise sa bouche ou sa hanche. Quand deux notes se disent similaires, mais qu’elles sont légèrement désaccordées, on entend comme une ondulation, qui se répand à travers nos oreilles.

Il n’y a pas d’exactitude, il n’y a pas de modèle linéaire. On ne peut pas connaître à la fois la vitesse d’une particule et sa position. On est toujours hors de l’équilibre. Les choses ne déterminent que leur propre présent. Comme un fleuve que l’on regarde, il n’y a ni passé, ni avenir:

« Et une autre fois que le fleuve, gonflé par l’eau des pluies, faisait entendre son puissant rugissement, Siddharta lui dit: ’n’est-ce pas, mon ami, que le fleuve a beaucoup, beaucoup de voix ? N’a-t-il pas la voix d’un souverain et celle d’un guerrier, celle d’un taureau et celle d’un oiseau de nuit, celle d’une femme en couche et celle d’un être qui soupire, et mille autres voix encore ? »

On ne trouve pas l’harmonie, on cherche à l’atteindre. C’est moins la vérité que la sincérité. Le concept d’harmonie est un ami, il nous pousse à marcher.*




Crédit image: Josef Albers, Study for Fenced, 1944
Crédit image: Josef Albers, Study for Fenced, 1944 (ca.) Ink and pencil on paper. JAAF: 1976.3.187

*Texte prononcé à l’ouverture de la soutenance